Beaucoup me reprocheront, comme à l'époque où tout allait bien, de trop parler de ça. D'exposer ma vie, mes sentiments, aux yeux de tous. A ses yeux, à Elle, à Lui, à Eux. C'est pourtant ce que je fais de mieux, de cracher mon coeur. Ces accumulations d'angoisses, de peurs, de désirs enfouis, que j'extirpe de mon corps afin de me libérer. Un peu. Afin de tenter de retrouver ce sommeil que j'ai perdu, il y a 3 semaines et 3 jours. Mes fantômes et mes souvenirs me hântent. Ils envahissent mes nuits devenues cauchemardesques. Alors je ne dors pas. Comme un animal apeuré, je erre à la recherche d'un abri, un havre où je pourrais enfin me sentir en sécurité et me reposer, estomper de mon regard ce sentiment d'affolement constamment présent. Je me souviens encore, de chaque mot, de chaque phrase. De sa voix, de ses yeux, ces yeux. D'un dessin en particulier, que j'ai précieusement gardé. Je n'avais pas la force de tout effacer, ça été beaucoup trop important. Tu m'aimais bien, je t'aimais tout court. La différence s'appelait l'Amour. J'en attendais certainement beaucoup trop par rapport à ce que tu étais en mesure de me donner à l'époque. Quand les opinions et les avis différent, il n'y a pas grand chose à faire. Je me serais battue, contre la haine, contre sa haine, contre les conseils, de beaucoup d'entre Eux, pour leur prouver que tu étais ce Lui. J'escomptais ce geste, qui ne venait pas. J'espérais cette reconnaissance, que je ne voyais pas. J'ai attendu, tellement longtemps. Oui, je t'en veux, mais moins qu'à moi. On me dit que tu es borné, que je ne dois pas m'attendre à un changement de situation. Tout n'est pas dit, mais l'essentiel est enfin sorti. J'ai écris cette lettre, que tu ne liras jamais. Car je n'ai plus envie d'attendre des réponses qui ne viendront pas, ou qui me feront pleurer encore un peu plus. Par honte aussi certainement. Cet opprobre de voir à quel point tu trônes encore beaucoup trop dans mon esprit alors que du tien, je n'en fais plus parti. Espérons du moins, que toute cette histoire aura rendu heureux quelqu'un. Je suis perdue, égarée dans les méandres de mes pensées. Je ne sais que faire, comment réagir. "Processus d'éradication de la mémoire." dis-tu. Mais je ne suis même pas sûre de le vouloir, au vue des mesures radicales que je devrais entreprendre. Ma Cigarette me manque. Et ce texte que j'hésite encore à te lire, à t'écrire..